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Cosmologie et philosophie

Auteur  : Pierre-Paul OKAH-ATENGA
Année de parution  : 2014
Bref résumé
Les questions de la structure et du fonctionnement de l’Univers, si l’on s’en tient aux développements de la philosophie, occupent une place majeure dans les sagesses constituées. C’est dans ce cadre que l’on conçoit la cosmologie et qu’on l’intègre sans hésiter à l’espace qu’occupe la métaphysique qui, à en croire René Descartes, représente les racines de la philosophie. Les questions qui sont en cause, ici, sont philosophiquement fondamentales, parce que l’enjeu dernier est le destin de l’Homme à la fois dans un espace qu’il n’a pas créé, mais où il doit s’installer, dans une temporalité fluctuante dont-il ne maîtrise pas toujours les paramètres, dans un rêve d’éternité qui le trouble et même le désoriente et le disperse.  La tentation est grande, devant l’essor des sciences et des technologies, de vider la cosmologie de ses assises métaphysiques pour la ramener à des considérations archéologiques (l’âge de l’univers), historiques (l’évolution) et matérialistes (les dimensions et les éléments constitutifs).
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Description

PRÉFACE

Les questions de la structure et du fonctionnement de l’Univers, si l’on s’en tient aux développements de la philosophie, occupent une place majeure dans les sagesses constituées. C’est dans ce cadre que l’on conçoit la cosmologie et qu’on l’intègre sans hésiter à l’espace qu’occupe la métaphysique qui, à en croire René Descartes, représente les racines de la philosophie. Les questions qui sont en cause, ici, sont philosophiquement fondamentales, parce que l’enjeu dernier est le destin de l’Homme à la fois dans un espace qu’il n’a pas créé, mais où il doit s’installer, dans une temporalité fluctuante dont-il ne maîtrise pas toujours les paramètres, dans un rêve d’éternité qui le trouble et même le désoriente et le disperse.  La tentation est grande, devant l’essor des sciences et des technologies, de vider la cosmologie de ses assises métaphysiques pour la ramener à des considérations archéologiques (l’âge de l’univers), historiques (l’évolution) et matérialistes (les dimensions et les éléments constitutifs). Celles-ci ont le mérite d’apporter des explications claires, d’utiliser des démarches que nous percevons facilement. Elles nous confortent dans une certaine aisance, une sécurité indéniable. Malgré cet état des choses, l’Homme, intuitivement et rationnellement, pressent qu’il peut connaître plus. Il peut accéder à une connaissance universelle, transcendantale, intemporelle, unificatrice des réponses éparses que nous révèlent les autres domaines scientifiques. Cette connaissance à la fois si proche de l’homme, puisqu’elle est présente dans l’univers et si éloignée, puisque ses contours ne sont pas encore définis, nous conduit à jeter un regard nouveau sur l’Univers et les connaissances qu’il peut nous livrer sur lui. Ce regard nouveau se fonde sur une réflexion contemplative, critique, interrogative, négatrice au bout de laquelle on découvre l’essence qui gît dans les bribes de savoirs que les autres sciences nous livrent. Si donc il existe une essence explicative du fonctionnement de l’Univers, cela voudrait dire que le monde fonctionne selon une règle fondamentale, d’où découlent toutes les autres lois qui nous sont révélées par la science, l’histoire, l’économie, la géographie, la physique et toutes les autres disciplines particulières. Quelle est donc cette règle essentielle qui fonde les dynamiques et les statiques du monde ? Le présent ouvrage intitulé Cosmologie et Philosophie : De la Justice et du Fonctionnement du Monde, se propose d’apporter une réponse à cette interrogation. En fait, il n’a pas l’ambition d’identifier par le biais d’un discours absolutiste tous les mécanismes qui commandent l’Univers, puisque la plupart d’entre-eux ont déjà fait l’objet de recherche scientifique de pointe (météorologie, géologie, géographie, histoire, physique, etc). Son ambition est plus modeste, mais plus complexe, car il veut identifier l’essence qui impulse à l’univers les mouvements (régressifs ou progressifs) que nous lui connaissons et même  les dynamiques et les statiques que nous ne connaissons pas encore. En outre, il veut découvrir l’essence qui explique les différents visages que prennent les relations humaines, les relations entre les peuples. Des préalables majeurs l’inspirent : 1- La complexité de l’univers qui enrôle le connu et l’inconnu, le visible et l’invisible, l’accessible et l’inaccessible, le macroscopique et le microscopique, le déterminisme et l’indéterminisme, la possibilité et l’impossibilité. Face à cette complexité, que faire et comment se situer ? Qui peut dire où va l’univers ou s’il est déjà fini ? La quête philosophique, tenant compte des explications rationnelles de la science, ouvre et encourage des pistes de réflexion à ce Sujet. La cosmologie pour sa part est un catalyseur, une véritable provocation de la réflexion philosophique.

2- Les inquiétudes que suscite notre environnement à l’heure actuelle, du fait des conflits qui surgissent, des maladies qui déciment les peuples (Fièvre Ebola, Sida), des catastrophes naturelles (cataclysmes, destruction de l’environnement) et qui remettent en cause la place de l’Homme dans l’univers, les limites qui sont assignées à ses actions, la conscience des dimensions éthiques et métaphysiques de cette place et de ces actions. 3- La problématique de la transcendance qui laisse supposer un univers étagé et étalé dans l’espace. Nous nous trouvons là devant l’épineuse question du surnaturel, de l’au-delà et en fin de compte de la vie, des énergies qui s’y déploient, celles qui disparaissent et celles qui s’accroissent. À ce niveau, les langages des scientifiques peuvent certainement prétendre à une certaine pertinence, mais qui se révèle en fin de compte insuffisante et ouvre la porte à d’autres réflexions explicatives parmi lesquelles la philosophie et sa métaphysique. Ces préalables combinés, d’une part, à une démarche philosophique faite de contemplation, d’observation, de collecte d’information, d’interrogation, de remise en question, de raisonnement logique, d’analyse, de synthèse portant sur le monde considéré dans son universalité et, d’autre part, à la cosmologie qui est un discours rationnel sur la manière dont l’homme vit son rapport avec l’univers, ont conduit Okah-Atenga à formuler les observations suivantes : • le rapport de l’homme avec le monde n’est pas le même partout. Il est susceptible de prendre des formes diverses ; • le fonctionnement de l’univers présente des constances, malgré la multitude de phénomènes que nous observons. Partant de là, Okah-Atenga aboutit à la conclusion suivante : c’est à la justice que l’on doit l’ordre universel qui existe. La justice est donc la loi fondamentale qui impulse les dynamiques et les statiques de l’Univers. Cela constitue sa réponse à sa préoccupation principale. Toutefois, la notion de justice qu’il convoque ici comporte trois dimensions. La première est expressive du thème de la contrariété. Cela se manifeste dans  l’Égypte pharaonique, puis en occident chez les poètes présocratiques et chez les philosophes post socratiques. La deuxième dimension de la justice est expressive de la mesure. Cela s’illustre en Afrique (Égypte pharaonique) et en occident. La troisième dimension de sa justice se retrouve dans les relations entre les hommes. Elle est expressive du genre humain, en ce sens qu’elle consiste à pratiquer, à respecter les droits du genre humain, prérogatives qui appartiennent à tout homme en vertu de la droite raison  dont la nature a doté tout être humain. Pour fonder ce dernier aspect, Okah-Atenga se réfère à un auteur qui a autorité en philosophie, Dante Alighiéri. Cet auteur est  sans aucun  doute l’un des premiers à avoir dégagé la caractéristique commune qui unit tous les hommes dans un genre, la raison. Toutefois, parce que les idées de Dante ont été développées bien avant notre millénaire, Okah-Atenga n’oublie pas d’actualiser l’essence de celles-ci en les confrontant avec les réalités de notre époque. Au total, Cosmologie et Philosophie. De la Justice et du Fonctionnement du Monde, est une analyse juste sur le fonctionnement de l’Univers. Okah-Atenga y démontre que les dynamiques et les statiques de l’univers ne surviennent pas par hasard. Elles sont fondées métaphysiquement par la loi de la justice. Les phénomènes que nous percevons ou qui échappent à notre entendement sont impulsés par la recherche constante de la restauration de la justice par l’équilibre des contraires, l’harmonie de la mesure (le rejet des excès et des insuffisances), le rétablissement du respect des droits du genre humain. L’Univers est donc dynamique, même s’il nous apparait parfois statique. La pensée de Okah-Atenga ne se confine pas seulement dans l’abstraction, elle nous invite à pratiquer cette justice dans nos relations avec les autres, dans la gestion de la cité (justice expressive du genre humain) et plus globalement dans notre agir, notre être. Elle nous permet d’espérer que l’Afrique pourra un jour reprendre la place qui était la sienne, au nom de la justice expressive de la mesure et de la contrariété. Cette Renaissance de l’Afrique peut survenir de nos efforts, mais également peut être impulsée par le lent travail de la nature.

In fine la thématique de cet ouvrage  nous invite à nous arrêter un instant sur l’énigme de la diversité des composantes de l’univers et la logique de leur dimension ontologique et de leur fonctionnement. Elle nous permet de délimiter notre marge de manœuvre. Elle introduit une analyse qui est certainement historique, mais dont le mérite est d’être chronologiquement ciblée et logiquement centrée. Cependant, elle nous invite à demeurer dans une démarche réflexive faite de vigilance et de réalisme, car peut-on penser que l’univers est à envisager comme le meilleur des mondes possibles et quelle marge de manœuvre est-elle laissée aux interventions, à l’action et à la liberté de l’Homme, à l’idée de progrès, de changement et d’évolution ?

 

Professeur Antoine MANGA BIHINA,   Philosophe