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La problématique  de la loi naturelle chez Jacques MARITAIN

10,000CFA

Auteur  : Hervé Pascal OKOLONG
Année de parution  : 2019
Bref résumé
La tendance principale de la philosophie africaine d’aujour­d’hui, fin XXe et début XXIe siècles, est de se lancer joyeusement dans les problématiques idéologiques et géopolitiques de l’heure, au sujet des luttes de libération, du totalitarisme et du libéralisme, de la restauration des identités perdues, de l’égalité du genre et des peuples, etc. L’acuité des enjeux fait sombrer dans l’oubli le principe de la valeur individuelle et des qualités personnelles des acteurs sur le terrain. Dans la mêlée, le combattant lui-même n’est plus qu’une arme ou un argument, qui frappe l’ennemi et abat l’adversaire. Il n’est rien d’autre qu’un chiffre statistique : trois millions de morts à Waterloo, trois cent-quatre-vingt-cinq noyés à Lampeduzza ; cinquante mille tués dans le génocide rwandais, ou celui arménien, et autant dans les tempêtes de l’Atlantique et du Pacifique par l’action des prédations écologiques, ou dans les éboulements de terre au fond des mines d’or du Kasaï et du Kwazulu.
Catégorie :

Description

Préface

La tendance principale de la philosophie africaine d’aujour­d’hui, fin XXe et début XXIe siècles, est de se lancer joyeusement dans les problématiques idéologiques et géopolitiques de l’heure, au sujet des luttes de libération, du totalitarisme et du libéralisme, de la restauration des identités perdues, de l’égalité du genre et des peuples, etc. L’acuité des enjeux fait sombrer dans l’oubli le principe de la valeur individuelle et des qualités personnelles des acteurs sur le terrain. Dans la mêlée, le combattant lui-même n’est plus qu’une arme ou un argument, qui frappe l’ennemi et abat l’adversaire. Il n’est rien d’autre qu’un chiffre statistique : trois millions de morts à Waterloo, trois cent-quatre-vingt-cinq noyés à Lampeduzza ; cinquante mille tués dans le génocide rwandais, ou celui arménien, et autant dans les tempêtes de l’Atlantique et du Pacifique par l’action des prédations écologiques, ou dans les éboulements de terre au fond des mines d’or du Kasaï et du Kwazulu. C’est la quantité qui prime sur l’ipséité, et c’est elle qui se trouve constamment à l’ordre du jour dans nos média publics, radios et télévisions, oracles des temps modernes. Cette parfaite réduction de l’être humain à une simple variable mathématique, sans âme et sans émotion, participe de ce qu’on appelle « oubli de l’homme ». L’ouvrage de Hervé Pascal Okolong, que j’ai l’honneur de présenter ici, intitulé La problématique de la loi naturelle chez Jacques Maritain, vient brusquement, et heureusement interrompre cette dérive rationaliste et artificialiste, en nous rappelant le fait de la présence inévacuable de la nature et de la loi naturelle, que les évolutions de la modernité s’efforcent de congédier, ou de continuellement différer, en visant déjà le « transhumain ».

La nature, avec ses lois, prime en fait sur nos élaborations rationalistes et positivistes, qui oublient étonnamment qu’elles n’existent elles-mêmes que sur sa base irrécusable et incontournable. La nature est l’Alpha et l’Oméga de toute activité humaine en tant que point de départ et point d’arrivée, tant dans l’idéalisme de la raison pure de Kant que dans le matérialisme dialectique de Marx. Mais Hervé Pascal Okolong a choisi un auteur de notre époque pour nous replonger dans les exigences de l’humanisme, en nous rappelant que, quoi qu’on fasse, c’est l’homme, la personne humaine, qui le fait, par soi et pour soi. Nul ne doit oublier cette exigence cosmologique de par sa situation dans un univers ordonné bien avant lui – et téléologique en vue d’une fin également arrangée au préalable. Sa liberté de mouvement est toutefois garantie entre ces deux cadres du cosmos et du telos, et il ne peut bien en user que dans l’entre-deux parce qu’incapable de se mettre au-dessus du Grand Régulateur ou du « Moteur immobile ».

Savamment mené, et meublé d’une abondante documentation, le livre d’Hervé Pascal Okolong est structuré en trois parties :

1- la réflexion sur la loi naturelle à l’épreuve de la modernité ;

2- Repenser la loi naturelle moderne ou l’assomption thomiste ;

3- Les piliers de la loi naturelle chez Jacques Maritain.

La valeur de ce livre tient non seulement au fait qu’il soulève un grand problème de civilisation, l’oubli de l’homme et la nécessité d’enrayer cette tendance, mais aussi, au plan purement épistémologique, à ce qu’il retourne aux auteurs classiques comme Jacques Maritain, dont la pensée, bien nourrie dans la pure tradition, peut sauver nos élaborations actuelles de la superficialité et de la facticité. Hervé Pascal Okolong offre ainsi au grand public comme aux spécialistes, un impressionnant raccourci sur l’humanisme classique, qui va d’Aristote à Thomas d’Aquin, et de celui-ci à Jacques Maritain, notre auteur pouvant lui-même apparaître, assurément, comme un heureux continuateur de la lignée.

Hubert Mono Ndjana